Un poste de dessinateur-projeteur ouvert depuis six semaines, un chef de projet qui relance chaque candidature reçue, et un DCE qui n'attend pas. Cette scène se répète dans la plupart des bureaux d'études français en ce moment.
Le chiffre confirme ce que le terrain montre déjà : plus de six sociétés d'ingénierie sur dix déclarent des difficultés de recrutement significatives. Les écoles françaises forment environ 46 500 ingénieurs par an, quand le marché en réclame 50 000 à 60 000 pour tenir le rythme de la modernisation industrielle. L'écart ne se comble pas en un trimestre.
Le dessinateur-projeteur concentre à lui seul 6 % de toutes les offres d'emploi du secteur de l'ingénierie. Dans le BTP, l'enquête Besoins en Main-d'Œuvre de France Travail chiffre à près de 62 % la part des recrutements de techniciens et chargés d'études jugés difficiles. Un poste sur deux met en moyenne cinq semaines à se pourvoir, quand il se pourvoit.
Le CDI : la solution la plus lente, pas forcément la plus chère
L'embauche directe reste la référence pour un poste durable. Mais elle a un coût fixe qu'aucun ralentissement d'activité n'efface.
Sur les grilles conventionnelles ETAM Bâtiment, un dessinateur débutant démarre autour de 2 100 € brut par mois. Un profil confirmé, position D, tourne autour de 2 340 €. Un dessinateur expert ou conducteur de travaux en position F approche les 3 000 €. À ces montants s'ajoutent les charges patronales, l'équipement, les licences logicielles, et le temps de formation avant que le poste soit vraiment productif.
Le vrai problème n'est pas le montant du salaire. C'est le délai. Cinq semaines de recrutement, souvent plus pour un profil confirmé, pendant qu'un appel d'offres tourne ou qu'une phase DCE avance sans personne pour la tenir.
Freelance et portage salarial : rapide, mais cher à l'usage
Face à l'urgence, beaucoup de bureaux d'études se tournent vers le freelancing. Un dessinateur indépendant confirmé facture en moyenne 400 € par jour. Un profil senior ou spécialisé dépasse facilement les 500 €, voire 900 € sur des sujets pointus.
Le portage salarial ajoute une couche de frais. Sur une facturation de 5 000 € par mois, il faut compter environ 400 € de frais de gestion, 1 500 € de charges patronales, 600 € de charges salariales. Le consultant touche autour de 2 500 € net, pour un coût total qui reste, côté bureau d'études, proche du plein tarif facturé.
Certains secteurs alourdissent encore la facture. Le nucléaire paie des rémunérations 35 % à 50 % au-dessus de la moyenne du secteur, l'aéronautique 30 % à 45 % de plus, en raison des exigences de sûreté et de technicité.
Le plan de charge, pas le tarif journalier, reste le vrai sujet
Un directeur technique qui compare uniquement les tarifs journaliers passe à côté de l'essentiel. La question n'est pas « combien coûte un jour de dessinateur », mais « qui tient le plan de charge dans six mois, sans mobiliser un recrutement à chaque pic d'activité ».
Un Relais dédié à temps plein, intégré dans les outils du bureau d'études et facturé autour de 1 500 à 2 500 € par mois tout compris, change la donne sur ce point précis : pas de TJM à renégocier à chaque mission, pas de délai de cinq semaines à chaque poste vacant, pas d'équipement à financer en plus.
La question n'est plus de choisir entre CDI, freelance ou portage. C'est de savoir combien de temps un bureau d'études peut encore absorber un plan de charge tendu sans renfort structurel.
Vous gérez un plan de charge tendu en ce moment ? Discutons-en directement, sans engagement, juste pour évaluer ce qui a du sens pour votre structure.
